Les Français veulent plus de transparence sur les produits alimentaires

Cosmétique et sécurité : contrôle, surveillance et information
10 juillet 2019

Le 24 mai 2019, OpinionWay a publié une étude réalisée auprès de 1 057 personnes majeures représentatives de la population française. Chacun était amené à donner son avis sur l’étiquetage des produits alimentaires. Au final et sans équivoque, les Français souhaitent ne plus être dupés par un packaging ou des messages attractifs mensongers.

La bataille commerciale des fabricants

Il suffit de jeter un œil dans n’importe quel rayon alimentaire d’un supermarché pour se rendre compte à quel point les entreprises rivalisent de stratégies pour appâter le client. Couleurs vives, dessins attrayants pour les enfants, messages rassurants pour les parents, tout est fait pour attirer le consommateur. Mais cela a-t-il encore vraiment une incidence positive ?

- 63 % des Français estiment que de nombreuses informations capitales manquent sur les emballages.

- 62 % les jugent non transparentes.

- 58 % pas assez claires.

En d’autres termes, les Français trouvent que les emballages alimentaires sont trop fournis en fioritures inutiles et manquent cruellement de données cruciales.

Les applications ont le vent en poupe

Si 64 % utilisent les étiquettes d’emballage pour s’informer, 17 % des Français avouent avoir recours à des applications pour les aider à décrypter les produits qu’ils achètent. Yuka, Yazio, MyLabel délivrent, selon eux, plus d’informations qu’ils ne peuvent en trouver sur le produit lui-même.

90 % des utilisateurs réguliers font totalement confiance aux applications de consommateurs pour acheter leurs produits, contre 51 % des personnes ne les utilisant pas de façon régulière.

- 90 % des Français se renseignent sur les produits qu’ils achètent dans le but de consommer des denrées de meilleure qualité.

- Mais ils sont aussi 87 % à vouloir opter pour des produits français et la même proportion à souhaiter préserver leur santé.

- 50 % d’entre eux avouent avoir renoncé à acheter certains aliments par manque d’informations sur l’emballage.

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Les Français dénoncent et désapprouvent

50 % des Français interrogés se disent sceptiques sur les informations nutritionnelles communiquées sur les produits. En effet, pour eux, il s’agit uniquement de marketing dans le but d’attirer le consommateur. À ce titre, ils réclament des changements radicaux sur les produits de consommation.

À commencer par le logo de la marque. Pour la moitié des Français, il est trop présent sur les emballages. Il en va de même pour les mentions inutiles, voire trompeuses (exemple : « sans colorant » en gros sur le produit alors qu’il contient malgré tout des additifs douteux. « Sans graisse ajoutée » dans des rillettes, etc.).

Les Français pointent également du doigt les illustrations trompeuses comme une photo de poules en plein air sur une boîte à œufs de poules d’élevages en batteries.

Ils dénoncent aussi les faux labels utilisés par les fabricants pour « rassurer » le consommateur (exemple : « Élu par les gastronomes »).

Toutefois, seuls 10 % se montent concernés par les indications quant aux allergènes contenus dans les produits et leur impact environnemental.

Des changements sont nécessaires

Pour qu’un produit soit conforme aux attentes des Français, la composition doit être clairement et honnêtement affichée en gros à la place des illustrations mensongères. De même, la provenance est une information capitale pour savoir d’où viennent les matières premières du produit consommé, où sont-elles transformées et où ces produits sont réellement conditionnés.

Beaucoup trop d’aliments affichent le drapeau français ou font mention d’une région alors que tous les ingrédients qu’ils contiennent ne proviennent pas de l’hexagone. L’exemple est flagrant avec les herbes de Provence qui viennent essentiellement d’Afrique du Nord (Maroc, Égypte ou encore Turquie) et non du sud-est de la France.

Ils souhaitent également connaître les conditions d’élevage dans le cadre de produits contenant des denrées animales (charcuterie, viande, plats préparés, etc.). Si cela est déjà le cas pour la majorité de la viande, des œufs et des produits laitiers, il faut étendre cette obligation à tous les autres produits. À cet effet, l’enseigne Casino a créé un étiquetage « bien-être animal » sur les produits de sa marque. Plusieurs autres enseignes vont adopter ce modèle, comme Les Fermiers de Loué ou encore Les Fermiers du Sud-Ouest. Il s’agit de donner les véritables informations sur les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux voués à la consommation.

Enfin, la date limite de consommation doit être plus explicite et plus lisible. Trop souvent le consommateur doit la chercher en tournant le produit dans tous les sens. Cette date doit être plus juste, et ce pour l’ensemble de l’hexagone et des Départements et territoires d’outre-mer.

Consulter l’étude réalisée par OpinionWay : « Les Français exigent une refonte de l’étiquetage alimentaire ».